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  • Photo du rédacteurMarilou

Changer de cap

Janvier 2020.


Nous sommes dans notre jumelé, Simon et moi. Les enfants sont couchés. Nous sommes heureux, actifs et en mode «on se construit notre maison de rêves». Pas compliqué: on vend. C'est clair pour nous que la maison dans laquelle nous habitons à ce moment-là ne serait pas notre nid pour le restant de nos jours. Elle a vu notre famille se consolider avec l'arrivée d'Eva. Elle a assisté aux plus grandes montagnes russes de ma vie: aux plus gros high et aux plus grosses remises en questions avec la venue de la maternité. Elle a été le toit de beaucoup d'insécurités, mais aussi de beaucoup de beaux moments. Mais, ce n'était pas «la nôtre» à long terme.


C'est parti. On désencombre au maximum, on se détache de beaucoup de matériel et on vend. En pleine pandémie. On se pince, on n'y croit pas. On trouve notre terrain ** de rêves** et la maison est terminée en juillet 2020. Un quasi miracle compte tenu des circonstances. Les mots sont faibles pour décrire le sentiment de joie qui m'habite: C'est elle. Notre maison de rêves. Tout est pensé, calculé et déterminé dans l'optique d'y rester longtemps. Pour toujours, j'espère. J'ai toujours souhaité ça pour mes enfants, d'avoir tous leurs souvenirs imprégnés dans les murs, les odeurs de la maison dans laquelle ils ont grandi. Je remercie le ciel (et mon chum qui a travaillé fort) à tous les jours pour la chance que nous avons d'habiter cette maison. Je m'y sens réellement chez moi. Un sentiment dur à expliquer quand tu as déménagé 6 fois en presque autant d'années.



Pandémie année deux.


Si je pensais avoir vécu des émotions fortes à notre ancienne adresse dans les circonstances de la vie à cette époque, 2021 ne m'a pas laissée en plan. Comme probablement beaucoup de gens, j'ai littéralement tout remis en question. Et si mon rêve d'habiter notre maison en ville, près de tout et de tout le monde était finalement un aspect anxiogène de ma vie? Et si malgré tous mes efforts, on était «pognés» dans notre grande maison plutôt que libres de faire ce qu'on veut? Avoir à dire non à mes enfants pour aller jouer avec les voisins ou avec qui que ce soit sauf nous. M'obstiner avec ma fille de six ans parce qu'elle doit s'asseoir calmement devant l'ordinateur pour faire ses apprentissages alors qu'au quotidien les temps d'écran sont très limités? Je répète: me chicaner avec ma fille pour qu'elle fasse de l'ordi (!!!). Mon ado isolé de sa gang, de sa famille élargie, qui ne se plaint pas mais qui sort du bureau après 5 heures d'écran pour se rebrancher sur sa tablette. Un robot. Comment lui dire non, c'est le seul moyen de socialiser qui leur est permis. Avoir peur d'inviter des gens sous le regard et le jugement des autres? Ne pas aller au parc pour ne pas croiser trop de gens pour ne rien attraper, car tousser en 2021, mon dieu que c'est dérangeant. Ne pas pouvoir aller nul part parce que tout est fermé et que les contacts humains sont «risqués».


Tout ça est un non-sens profond dans nos valeurs.... et je le sais très bien. Mais l'orgueil et la peur se sont installés au fond de mon ventre. Tout vendre, quitter «le confort» et l'accessibilité pour m'en aller en campagne? Changer de cap et tout revoir notre façon de faire pour VIVRE et non SURVIVRE à nos émotions et nos désirs? Reconnecter avec la nature, mais avec la mienne aussi? . Celle qui s'est enfouie derrière des moments d'anxiété traduits en larmes et en peurs démesurées. Cette même nature qui a toujours su voir le beau dans le laid et qui a toujours trouver le positif dans le gros négatif. L'avocat du diable dans les événements poches de la vie, c'est moi. Mes amies vous le diraient, j'arrive toujours à faire la part des choses dans toutes les situations. Mais cette part, elle est rendue toute petite. Épuisée. C'est confrontant de s'avouer s'être perdue.


Décembre 2021.


On a tous la c****. Encore un autre temps des fêtes réduit à... pas grand chose. Pas de magie ni de frénésie. Les jours se ressemblent tous. Et là, je vous vois vous dire que la magie ça se crée et que le bonheur est toujours présent à qui veut le voir. Je le sais, car je suis ce type de magicienne, en temps normal. Mais là, j'ai pogné un mur. Un genre d'asphyxie temporaire. J'ai manqué d'air. Notre santé physique n'a presque rien ressenti du fameux virus, mais celle mentale un petit peu quand même. Pour ma part, un petit peu quand même beaucoup. Des frictions entre des proches qui n'avaient jamais existées, l'absence de contacts humains, l'isolement. C'était le signe. LE SIGNE. J'ai décidé que si j'allais avoir à m'isoler une fois de plus dans ma vie, ce serait dans le bois. M'isoler loin de tout, mais libre de mon espace. Un grand espace, un terrain de jeux. M'isoler par choix. Choisir qui voir, quand on le veut. Reprendre le contrôle. Alors on y est. Je suis déstabilisée comme jamais, dans l'incertitude du moment où notre nouveau rêve prendra son envol, mais dans la certitude que dans ce grand chamboulement, nous apprivoiserons cette nouvelle aventure en famille.


Grands espaces, forêt, jardin, poules, chevaux... moustiques..... couleuvres..... renards........ ok j'arrête (hahah eh merde) et je me répète que JE SUIS PRÊTE.


Étape 1: Vendre la maison. C'est parti!!!


Ps. Les rêves évoluent. Sortir de sa zone de confort. Grandir. Vivre. Arrêter d'attendre qu'ils se réalisent et les créer. LET'S DREAM BIG PEOPLE!


À suivre....


Marilou

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