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Rétrospective de ma première année de coparentalité


Lorsque l’on entre dans la grande aventure de la parentalité, je suis d’avis que la femme est rapidement et inévitablement mise en premier plan. Il est clair que c’est elle qui porte l’enfant, qui vit ce processus unique. On sous-entend ici l’accouchement, l’allaitement pour certaines ou encore le congé de maternité qui lui est octroyé en grande partie. Dans plusieurs cas, la maman est amenée à devenir la figure d’attachement principale de l’enfant.

À plusieurs moments, je me suis questionnée « mais où est la place du papa (ou du deuxième parent) dans tout ça ? » et j’ai par moment trouvé ça difficile. Parce que je voulais à tout prix que mon chum puisse trouver sa juste place, mais surtout celle qui lui convenait.

Ça ne doit pas être évident pour eux. Les papas ne peuvent pas ressentir les petits coups de pied du 3e trimestre, ils ne pourront jamais savoir ce que représente la sensation d’une contraction (mi-douleur/mi-excitation de la grande rencontre qui approche). Ils ne peuvent pas partager la tâche d’allaitement (si c’est le cas) et, la plupart du temps, ce ne sont pas eux qui peuvent passer de 9 à 12 mois scotché sur leur petite merveille.

J’ai tenté de me mettre à sa place à plusieurs reprises. Je le faisais, car je craignais qu’il ne trouve pas ça évident. Au final, je ne surprendrai personne en disant que la clé a été et restera toujours la communication. On jase, on échange, on discute. Qu’il s’agisse de nos valeurs, de notre routine, du développement de notre bébé ou encore de nos grandes fiertés.


On s’est partagé des tâches, on a jonglé pour trouver un équilibre, on s’est adapté à notre routine… Puis, la routine a fini par changer et on s’est réadapté. Ce n’est pas aussi ça, être parents? Finir par être confortables dans une routine et se rendre compte que son enfant est déjà rendu ailleurs …

Dans tous ces beaux changements, j’ai tout de même pu faire deux constats importants. Tout d’abord, selon moi, la trame de fond d’une saine coparentalité, c’est d’avoir une vision commune sur les éléments de base : l’éducation, nos valeurs, nos attentes, nos forces / limites et j’en passe. C’est comme une entente informelle ou une forme de consensus qui s'installe entre les deux parents, à la suite des multiples échanges portant sur le projet famille.

Parallèlement à tout cela, mon partage d'aujourd’hui vise principalement à mettre en lumière le fait que malgré tout ça, chaque parent est unique et possède sa propre couleur. C’est d'ailleurs cette diversité qu’il faut aussi savoir mettre de l’avant.

Mon rôle de maman a grandement été influencé par mon rôle de psychoéducatrice. J’avais quand même beaucoup de connaissances sur la petite enfance et, par moment, j’ai l’impression que ça m’a mis beaucoup de pression. L’accès à l’information, très présente en 2022, nous apporte beaucoup de bon, mais… ça peut aussi avoir des effets pervers. On veut bien faire les choses, suivre les recommandations et au final être «parfaite» dans nos responsabilités et dans ce que l’on offre à notre enfant. Est-ce réaliste? Non. Notre rationnel le sait, mais l’affectif/émotif lui…. Ouff, c’est une autre bataille !


J’ai évolué avec ma fille, je me suis questionnée et on a fini par trouver ce qui fonctionnait pour nous. On avait une routine qui évoluait, des repères et des trucs qui lui convenaient. Je la décodais assez bien, je comprenais ses petits signes et j’avais souvent une bonne idée de ses besoins. J’appliquais une routine qui l’apaisait et je faisais du mieux que je pouvais.


Papa prenait notre beat les soirs et les fins de semaine. Il se laissait guider. On vivait notre vie, quoi. Au fil des mois, notre fille a évolué, elle était plus consciente de son environnement, elle entrait en relation avec nous, elle explorait et sa personnalité se forgeait. Et BANG !!! C’est là que j’ai vu les plus beaux changements dans l’approche père-fille, mais également dans notre coparentalité.



Mon chum avait ses propres interventions qui étaient différentes par moment (différentes des miennes, surtout). Il lui proposait de nouvelles activités, lui parlait de ses passions et lui montrait des choses qu’elle n’avait encore jamais vues. Il avait ses propres rituels qui s’imbriquaient bien dans sa routine quotidienne.

Par moment, je trouvais ça légèrement déstabilisant. J’avais le goût de lui suggérer certaines façons de faire “qui fonctionnaient bien” (t’sais, comme être cette petite voix derrière qui veut guider parce qu’elle est insécure du changement de routine), mais je me gérais parce que je n’avais pas le goût d’être cette blonde là et, au final, je voulais qu’il prenne sa place.

J’ai fait une grande prise de conscience un certain matin de novembre. Ma fille venait d’avoir 1 an. J’avais proposé à mon chum d’aller l’habiller. Ça a prit un moment avant qu’ils redescendent. Quand je les ai vus apparaître, j’ai pu apprécier le choix vestimentaire légèrement douteux. Rapidement, j’ai voulu faire un commentaire du genre : « Ben voyons, c’est quoi ce kit-là ? (lire le tout avec un ton plutôt accusateur et un rire jaune) », mais c’est là qu’il m’a expliqué qu’il lui avait fait choisir son propre linge.

Le gars avait pris sa fille, lui avait montré des options et l’avait laissé prendre 2-3 choses pour ensuite l'habiller. Pour lui, le fait de la mettre dans un kit cute n’avait pas d’importance à ce moment-là. Puis, au final, c’est lui qui avait raison !

C’est là que j’ai compris la beauté d’être deux parents différents. L’approche de papa avait offert un moment axé sur le développement de l’autonomie. Ce n’est pas que je ne mise pas là-dessus, mais je le fais différemment et à d’autres moments. Ça m’a reflété qu’il fallait faire preuve de flexibilité et de lâcher-prise (beaucoup plus souvent qu’on le pense). Comme parents, on n’a pas les mêmes priorités aux mêmes moments, mais notre trame de fond est commune et on sait tous les deux qu’on est en cohérence avec nos valeurs et notre vision.

Ça amène notre enfant à devoir s’adapter, à se créer de nouveaux repères, à vivre des expériences différentes. Ça travaille la flexibilité, le développement des capacités adaptatives et c’est surtout divertissant par moment. Cette fameuse « différence » qu’il y a entre moi et mon chum permet à notre fille de s’ouvrir sur de nouveaux horizons et je crois que c’est essentiel à son développement.

Ainsi, cette première année de coparentalité m’aura amené à me remettre souvent en question, mais je crois avoir mis de l’avant l’essentiel. La beauté de s’être trouvés comme partenaires doit aussi se refléter dans nos rôles et choix parentaux. C’est de savoir mettre de l’avant le meilleur de nous deux au profit de notre tout petit.

En espérant que ce partage puisse vous faire réfléchir un brin sur la diversité qui sommeille (peut-être) dans votre union & dans votre famille.



Source: https://www.bienhabillee.com/wp-content/uploads/2017/02/Mains-famille.jpg


Élodie


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