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Les pires vacances de Sophie

Je ne sais pas si c’est le manque de sommeil, les maladies à répétition, le rythme effréné de la vie en général ou simplement moi. Il y a 2 mois, je me disais que ça allait passer. J’en suis encore convaincue, mais le chemin ne sera pas aussi droit que prévu.


Photo personnelle


Mes dernières vacances remontaient à il y a presque 4 mois. En fait, elles ne peuvent pas se qualifier de «vraies» vacances. En plein milieu du fleuve en traversier vers la première et tant attendue activité familiale, j’ai été foudroyée d’un malaise assez grand pour ne pas pouvoir débarquer du bateau et devoir rebrousser chemin « ice pack » sur le front en prime.

Longue histoire courte : pneumonie. Le comble: J’avais déjà mentionné que petite n’irait pas à la garderie durant ces 2 semaines, alors il n’y avait plus de place pour elle. Bref, ce fût pas mal mon top 1 des vacances les moins reposantes de ces 34 dernières années. Les semaines passent.


Les matins s’enchaînent et j’ai mal au ventre. De plus en plus. Je me sens prise. Je pleure dans le vide. J’étouffe dès que j’entre quelque part et je stress dès que j’ai quelque chose à l’agenda. Je suis fatiguée. Pas le genre de fatigue que tu fais un bon dodo et c’est réglé. Le genre de fatigue que tu passerais la semaine en mou, seule dans ton divan. C’est donc ce que j’ai décidé de faire. Une semaine, pour moi, sans culpabilité.


Plus ma semaine de vacances approchait, plus « petite » semblait malade. Lundi, 2h du matin, elle crie. Elle est bouillante. Elle tousse à se cracher un poumon. Ses yeux coulent de toute la morve imaginable. Première journée pour moi annulée. Au moins, je commençais à être habituée après 1 an à être malade avec elle aux 2 semaines...

Mardi matin, c’est l’apocalypse. Je lui trouve un rendez-vous. Mon médecin m’a vu la tête. On a réglé le dossier bébé malade et on a ouvert le mien : épuisement.


Je trouvais ça bizarre. Pour moi, l'épuisement c’est : être en boule ou dormir 24h sur 24. Je savais que je n’étais pas au top, disons que pleurer au travail ne correspond pas à une journée typique, mais avec ma grande sensibilité et mon manque de sommeil ça me semblait normal.

J’ai écouté le doc. Ne rien faire dans la mesure du possible d’une maman. Ça m’a pris 1 semaine, le temps que « petite » guérisse. Plus les jours avançaient, moins je me sentais bien. Je crois que c’est parce que je prenais le temps de m’écouter. Les crises d’angoisse m’envahissaient. Je stressais de faire quelque chose et de ne rien faire, je stressais d’être stressée et je stressais d’être détendue, car je me demandais quand le stress me ramasserait sournoisement. Là, j’étais en boule. Ce qu’ils appellent de la détresse. Je n’arrivais plus à me contrôler, je me sentais seule et triste, ça me faisait mal en dedans. Comme si l'on arrachait toutes mes émotions pour me bourrer de tristesse. J’ai la chance de ne pas être restée seule, d’avoir un médecin de famille et un programme d’aide psychologique avec le travail.


Je suis comme cassée. La faute à qui? J’ai eu beau me le demander, me culpabiliser et rejeter la faute sur les autres... C’est pour ma part, un mélange de plein de circonstances. Il va falloir que je recolle tout ça doucement et que je comprenne. Ce qui m’est apparu assez vite, c’est qu’il faut que je modifie mes attentes. J’aime que les choses soient parfaites. C’est impossible d’être un parent parfait, une conjointe parfaite, une travailleuse parfaite avec sa parfaite carrière dans sa maison parfaite. J’ai envie de quitter cette pression et cette valorisation de toujours être dans la performance. J’ai envie de vivre doucement, d’apprécier les petites choses, de créer, de lire et d’apprendre à ne rien faire et je crois que ce sera déjà un bon pas en avant pour mon cheminement à moi.


C’est un moment difficile, je ne ferai pas semblant. On ne peut rien effacer ni guérir plus vite par miracle et ce n’est pas ce que je veux. Je veux grandir, je veux mieux me comprendre et je suis convaincue que je devais passer par là pour y arriver. Plusieurs chemins auraient été plus doux, mais celui-là, c’est le mien.


Je veux que ma fille sente qu’elle a le droit de tomber, de se tromper et de ne rien réussir du premier coup. Je veux lui demander : qu’as-tu échoué aujourd’hui? Que vas-tu essayer de nouveau demain? Et surtout, je veux qu’elle soit fière de me raconter ses essais autant que ses réussites.


Sophie LeBlanc

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