La maternité & le lien d'attachement


La grossesse ; je vois vraiment ça comme un rite de passage vers la nouvelle nous. Il se passe clairement quelque chose. Ce 9 mois nous amène à créer la vie (oui !) , mais aussi à tenter de devenir la “nouvelle” meilleure version de nous-même pour ce petit bout d’humain à venir.



Photographe : Laurean Tardif


On lit, on se renseigne, on écoute, on questionne. Les sources sont variées et la diversité des sujets se veut assez phénoménale. On peut parfois s’y perdre et se mettre beaucoup de pression afin d’être littéralement 'parfaite' pour notre bébé. “Ne sois pas trop dure envers toi-même, la mère !” C’est juste impossible..mais bon, ça tu le sais déjà !


Aujourd’hui, j’avais le goût de décortiquer et de simplifier un concept que l’on semble parfois trouver gros et complexe ; l’attachement.


L’attachement c’est quoi ?

Hey bien, j’aurais le goût de te dire qu’outre la connexion assez incroyable qui se crée lorsque ce petit humain se pointe le bout du nez, c’est le lien qui commence à se créer aussitôt le premier cri poussé par notre petit amour. C’est le lien qui unit un bébé/enfant à son donneur de soin, à la personne qui veille sur lui et qui lui procure une sécurité physique et émotionnelle. C’est un lien affectif qui amène notre progéniture à développer et mobiliser des stratégies afin d’avoir recours à son parent (lorsqu'ils vivent un sentiment de détresse) dans l’optique d’être apaisé à nouveau.


Sans rentrer dans les grosses définitions complexes, il est bon de savoir qu’il existe quatre types d’attachement. Il y a en a un de type sécurisant et trois autres qui sont définis comme étant de type insécurisant. Par contre, j’entends déjà la petite voix dans ta tête faire des folies “Et mon enfant je le classe où? “. Sache que l’analyse du style d’attachement d’un enfant s’avère peu importante pour un parent qui désire le mieux pour son enfant ( et surtout pour toi qui est en train de lire ce texte. Si tu vois ce que je veux dire !!). Je vais également te rassurer en te mentionnant que l’attachement sécurisant est le type d’attachement le plus souvent observé dans les relations parents-enfants. D’ailleurs, je miserai presque uniquement sur ce type d’attachement dans les lignes qui suivront.


L’attachement est en fait un continuum. À cet égard, certains enfants peuvent être plus sécures dans certaines situations (lors des moments de jeux partagés par exemple) et moins sécures à d’autres moments (lors des moments de séparation par exemple). Ainsi, lorsque l’on tente de favoriser la sécurité affective de son enfant et que l’on oriente nos interventions en ce sens, cela a comme impact de contribuer positivement à la relation parent-enfant. Cela contribue également au développement du sentiment de sécurité ressenti par l’enfant à l’égard de son donneur de soin.


Pour moi, l’attachement est donc caractérisé par ce sentiment de confiance qui se développe chez l’enfant à l’égard de la disponibilité (physique et émotionnelle) octroyée par son parent en cas de besoin. L’attachement c’est un processus et ça se construit au fil des interactions quotidiennes entre l’enfant et son parent. J’aime dire que ce sont les centaines d'interventions hebdomadaires faites par vous qui bâtissent ce dit sentiment de sécurité affective chez votre petit trésor et qui par le fait même vont l'influencer dans ses interactions futures et sa perception du monde lorsqu’il grandira.


Afin d’illustrer ces beaux concepts dans le concret, on peut s’imaginer qu’un enfant davantage sécure aura la capacité d’avoir (par le biais de ses comportements) un équilibre entre le désir d’explorer son environnement et son besoin de proximité face à l’adulte. Il sera en mesure de jongler dans ce même continuum afin d’être autonome, mais également de savoir qu’il peut avoir recours à son parent et donc dépendre de lui pour être rassuré.


La sensibilité parentale

La sensibilité parentale est l’élément clé face au développement du lien d’attachement. Ainsi, afin de favoriser la sécurité affective de son petit cœur, le parent (ou le donneur de soin principal) se doit de :

  1. Être à l'affût et détecter les signaux de son enfant

  2. Bien décoder et interpréter les dits signaux

  3. Répondre aux besoins de son enfant de manière sensible et adéquate

  4. Respecter un délai raisonnable dans la réponse octroyée.


Enfin, cela peut nous apparaître bien simple, mais c’est la constance et la sensibilité sur le long terme qui auront le plus d’effets bénéfiques sur la relation parent-enfant et ainsi sur l’attachement de votre enfant.


Par contre, on ne se le cachera pas , il y a l’enjeu du quotidien et de la vie qui roule à 100km/h. Cela peut donc parfois nous amener à décoder moins rapidement ou à être moins sensible face à nos cocos par moment... Toutefois, il faut garder en tête que l’un des objectifs de cet article est de prendre conscience de l’apport que l’on a en tant que donneur de soin principal face à notre(nos) enfant(s).


Ainsi, en tant que parent nous nous devons d’apprendre à bien réguler nos propres émotions afin d’être en mesure de décoder adéquatement le besoin de son enfant et d’y répondre de manière sensible. Ça revient à ce que j’écrivais plus haut, soit d’être disponible physiquement et émotionnellement pour eux.


Oui Oui, je suis d’accord avec toi… Ça implique beaucoup de choses d’être parent. Mais avouez qu’ils en valent tellement la peine nos petits trésors!!


Je me permets également de te faire une petite parenthèse! Il est important de se souvenir qu’il y a des centaines d’interventions à faire par semaine… Soyons indulgentes envers nous-même et donnons-nous le droit à l’erreur. L’idée avec la sensibilité parentale est d’être suffisamment bonne et non parfaite. L’idée est que nos comportements et nos échanges soient majoritairement sensibles face à nos enfants. Toutefois, en connaissance de cause et en sachant tous les bénéfices reliés au fait de répondre de manière sensible à son enfant, j’imagine que ça en motivera plus d’une à maintenir une certaine constance.


Voici quelques exemples de comportements sensibles pour vous démontrer que vous en adoptez déjà plusieurs:

  • Complimenter et renforcer

  • Être affectueux (colleux, caresse, bisous)

  • Offrir les soins de base (Hygiène, sommeil, alimentation)

  • Reformuler et accueillir les émotions de l’autre

  • Encourager l’autonomie et favoriser la prise d’initiatives

  • Être à l’affût des dangers et intervenir rapidement


& j’en passe !!



Le cercle de la sécurité

L’image du cercle de la sécurité est un bon récapitulatif des concepts présentés plus haut. Cette image permet d’illustrer comment la sécurité affective se développe chez l’enfant. En fait, dans le cercle de la sécurité, le parent est représenté par des mains entrouvertes étant prêtes à accueillir son enfant. Le parent est donc le pôle de sécurité de celui-ci. Il permet à ce dernier d’aller explorer le monde qui l’entoure, et ce, à la hauteur de ses capacités. Ainsi, lorsque l’enfant perçoit une menace, un danger ou simplement lorsqu’il est surpris par le bruit de la balayeuse, son système d’attachement se déclenche. Il fait donc appel à son parent et va tenter de revenir vers celui-ci pour se faire apaiser. À ce moment, le parent agit comme pôle de sécurité, il apaise son enfant, le rassure et le renvoie explorer par la suite. (Cette dernière étape se veut importante afin que l’enfant prenne confiance en ses capacités, mais également face à son environnement). Ainsi, avec un parent régulé (le plus possible!!), constant et sensible, l’enfant peut intégrer que son donneur de soin est un pôle de sécurité rassurant, fiable et aimant.





C’est donc par ce cercle que nous pouvons illustrer concrètement les multiples interventions et interactions parent-enfant face au monde qui les entoure. Cela aura une grande influence sur comment l’enfant percevra les autres adultes lorsqu’il grandira , mais également comment il percevra le monde extérieur (de son cocon familial). Ça lui permettra d’intégrer que son parent sera toujours là pour lui et qu’il a en tant que petit humain en devenir, les capacités d’explorer le monde qui l’entoure. Cela aura aussi par le fait même des effets bénéfiques sur le développement de son estime personnelle, mais aussi sur sa capacité à entrer en relation avec les autres.


Il s’agit de quelque chose qui est inné pour plusieurs. Toutefois, en prenant conscience de ces concepts et en les ayant en tête, nous pouvons davantage le mettre en œuvre et garder notre constance dans nos moments parfois plus difficiles en tant que parent.



Les interventions à privilégier

Ce qu’on aimerait toutes retrouver dans ces articles, c’est parfois LE fameux secret miracle ou LA chose qui marche à coup sûr !! Je l’entends souvent dans mon travail : “ Mais Élodie, qu’est-ce que je dois faire concrètement (et à la lettre) pour m’assurer que je développe une relation optimale avec mon enfant ou encore quoi faire pour ne pas scrapper mon enfant? “


Tout d’abord, sache que tu ne scrapperas pas ton enfant.

Maintenant que c’est dit, j’aimerais te répondre avec certaines nuances. Il n’y a pas de truc à tout casser malheureusement. C’est une combinaison de plusieurs petites choses, qui varie d’une dyade parent-enfant à l’autre , puisque nous avons tous des besoins, personnalités et tempérament différents.


Par contre, voici en rafale certains éléments à garder en tête, lors de tes prochaines interventions.


La sensibilité parentale (concept clé sur lequel j’ai beaucoup misé).


La constance et la prévisibilité. Qu’il s’agisse de tes interventions, mais aussi de tes réactions, attentes , conséquences et renforcements alloués.


L’observation et le développement de ton sens du décodage chez ton enfant. Aiguise tes capacités afin de bien repérer et comprendre les signaux de ton enfant. C’est la première étape vers une intervention sensible qui répond aux besoins de celui-ci. Je t’encourage également à partager ton savoir aux autres adultes qui gravitent auprès de ton coco (mamie, tante, parrain, gardienne, éductarice, etc.) Par exemple : Tu sais que ton enfant vit une contrariété lorsqu’il crispe ses poings et devient tout rouge. Tu sais qu’il est fatigué lorsqu’il se frotte les yeux, etc.


Le contrôle de soi. Tente d’être le plus régulée possible lorsque tu interviens. Ça va être plus facile pour toi, mais également plus efficace. Ça te permettra aussi d’être plus sensible face à ton enfant et d’être plus disponible émotionnellement quant au fait d’accueillir les émotions de celui-ci. De plus, tente de ne pas tomber dans le piège de la panique ou de l’exagération. On se dit parfois que d’exagérer certaines émotions permettra à notre enfant de comprendre qu’il ne doit pas recommencer ce dit comportement ou encore que telle ou telle chose était dangereuse. Malheureusement, ce comportement ne met pas en lumière ce qu’il représente réellement.


Renforce et encourage le plus souvent possible. Cela permet à l’enfant de prendre confiance en ses capacités. Ça favorise l’exploration , mais aussi le développement de l’autonomie. Toutefois, il est primordial d’encadrer l’environnement et l’exploration selon l’âge et les compétences de l’enfant.



Finalement, n’oublie pas qu’il n’y aura jamais trop d’amour.


P.S Je t’invite fortement à faire lire ce texte à ton ou ta conjointe puisqu’ils ont une place tout aussi importante que la tienne dans la vie de ton enfant.


Source de la photo : Lauréan Tardif Photographe

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