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La garderie: Sauter de joie en pleurant

La garderie.

Petite a 8 mois maintenant.

Mon retour au travail approche. Je ne vous cacherai pas que mes premières pensées étaient d’épouser un riche prince qui m'entretiendrait pendant que je nourris nos enfants et jouent avec eux pour l’éternité mais, la vie n’est pas faite ainsi pour moi. La mini féministe en moi qui prône l’équité devait bien se marrer de ma tronche. J’étais en plein combat intérieur. Un immense combat intérieur. Trouver le moyen de rester avec elle pour toujours ou embarquer dans le fameux rythme métro, boulot, dodo. Comme si personne ne pouvait la comprendre comme moi... Comme si elle pouvait m’oublier, comme si ce lien si spécial serait brisé à jamais si elle était au bons soins de quelqu’un d’autre. Tout le monde te prépare à l'arrivée d’un enfant, mais pas au moment où tu dois t’en séparer.

On avait préparé, comme les centaines d'autres parents en recherche de garderie, un post Facebook avec une photo mignonne pour attirer les éducatrices. Je m’étais abonnée à tous les groupes d’affichage et de recherche de place avec notifications à chaque publication. J’avais écouté les histoires de CV pour bébé, de porte à porte en milieu familial, d’aller jouer au parc au même endroit que l’éducatrice du coin et il n’était pas question que je passe ces derniers moments de «congé» de maternité à vanter l’excellente corrélation besoins vs efforts de ma fille à qui veut bien l’entendre.


En même temps, la sphère de travail de ma vie d’avant maman ne me tentait pas. J’adorais mon travail et mon domaine, mais certains aspects ne concordaient plus avec cette nouvelle version de moi-même. Un changement s’imposait. L’article du 13 octobre 2021 de Danika est tombé juste au bon moment pour moi qui recommençait le 25 octobre. Un petit bijou sur ce type de réflexion. Si tu veux le lire, clique ici : Devenir parent : Maman, tu fais quoi dans la vie?

Et c’est arrivé. Nous avions une place dans un milieu familial et j’avais un nouvel emploi pour mon retour au travail. Je me disais que ça me ferait quand même du bien de ne plus être nue seins une heure sur trois en pleine production laitière à jongler avec le ménage et le souper. J’étais remplie d’une tristesse infinie et super excitée à la fois de relever ce nouveau défi. La dame avait l’air super, les repas semblaient parfaits, ils allaient dehors tous les jours et les enfants l’adoraient. En même temps, on se fie à celle qui nous réfère, elle lui confie quand même son enfant. Le soir en revenant de notre visite je n’arrivais pas à dormir. En fait, j'ai pleuré jusqu’à m’endormir. J’étais vraiment heureuse qu’on ait un endroit de confiance pour garder notre trésor, mais mélancolique que tous ces doux moments se terminent. Je n’arrivais pas à m’imaginer être heureuse et épanouie en me séparant d’elle 40 heures par semaine. Je perdais toute logique. Tout mon être était tourmenté juste à l’idée qu’elle soit loin de moi. Mon cœur cessera-t-il de battre?

« Oui bonjour madame LeBlanc? Je vous appelle pour vous offrir une place dans notre CPE. Voulez-vous venir visiter? Vous avez 24 heures pour répondre. » CPE ou milieu familial?

J’avais lu quelque part que mon propre feeling face à l'endroit et à la personne à qui on confie notre enfant est «absorbé» par par celui-ci, alors je peux vous garantir que vous n’avez jamais vu une mère aussi joyeuse d’entrer dans un CPE. C’est quand même compliqué de confier son enfant à un inconnu. J’avais l’impression de ne même pas pouvoir choisir celui ou celle qui passerait plus de temps avec ma fille que moi et j’avais quand même 2 choix. En fait ce n’était pas une impression c’était ça. La peur qu’elle soit oubliée dans un immense groupe ou trop cajolée dans une maison. Bien honnêtement, c’est mon portefeuille et le droit de choisir mes vacances qui a tranché. CPE ce sera.

Journée d’intégration au CPE.


Je suis avec elle, on est assise par terre avec les autres. Tout le monde se questionne. On l’intègre sur combien de temps et je la laisse seule quand? Les éducatrices sont plutôt flexibles. Le mieux c’est d’y aller un soin à la fois. Demain je la laisserai 1h seule.


J’étais plus stressé que ma fille, car elle a presque 9 mois et je l’allaite encore exclusivement à ce moment. La semaine d'avant, papa lui a donné un biberon de lait; elle lui a crié dessus, lui a craché au visage et s’est débattue comme si sa vie en dépendait. Je l'imaginais crier et cracher sur ses amis et faire sa petite loi. J’ai appelé une marraine d’allaitement. Elle m’a bien accompagnée... Je ne voulais pas que garderie rime avec fin de l’allaitement, mais je ne voulais pas non plus passer ma vie à tirer mon lait ni chercher pendant des jours durant le meilleur substitut de seins, pour finalement la sevrer de celui-ci un jour aussi.


«Je reviens dans 1 heure ma chérie à tout de suite» lui dis-je. J’ai pris une marche, c’est-à-dire que j’ai erré comme un fantôme en pleurant pendant une heure. Puis petit à petit, de jour en jour, je la laissais pour un soin de plus. Elle était triste que je parte mais une fois le coin tourné, elle ne pleurait plus. Elle avait compris que chaque fois je reviendrais, mais elle avait le droit d’être déçue. Elle expliquait à l’éducatrice son ressenti et son éducatrice lui montrait que quand maman n’est pas là elle pouvait compter sur elle.



Photo personnelle


Je crois que ce que j’aurais aimé qu’on me dise c’est que j’ai le droit de trouver ça vraiment difficile de voir le positif dans la situation. Que même à 15 mois il y a des matins où ça ne lui tente pas d’aller à la garderie. Que peu importe l’âge que ton enfant a, quand il t’agrippe avec ses petites mains pour te faire un câlin avant de partir jouer et que tu le laisses pour la journée, ton cœur va encore serrer. Que nos enfants ont une grande capacité d’adaptation, qu’il n’y a pas de méthode miracle parce qu’ils sont tous différents, et que les éducateurs sont nos alliés dans le développement de nos enfants qu’ils soient chez eux ou en CPE. C’est un travail d’équipe. En fin de compte, ce que ton enfant veut c’est un parent heureux peu importe qu’il se dépasse au travail ou en entretenant le nid familial.


Le lait d’une nouvelle façon, l’angoisse de séparation, l’intégration, le stress, la fatigue, les amis avec qui on doit partager et l’éducatrice qui nous fait parfois attendre vont lui demander beaucoup d’effort mais, faites-lui confiance il va y arriver il est bien entouré après tout.



Sophie


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